Ses principaux rivaux ont choisi l'exil ou le silence. «Je ne suis en compétition avec personne», a-t-elle plusieurs fois répété. On a envie d'ajouter : faute de combattants. «Les vacances lui ont permis d'y voir plus clair et de digérer sa défaite», assure un de ses proches. «Je ne suis pas dans la nostalgie de la campagne présidentielle», tient- elle d'ailleurs à préciser. Signe du changement : dans son discours de samedi, Ségolène Royal a troqué ses habituelles envolées lyriques pour des propos de fond. L'ex-candidate a dessiné les contours de sa vision de la rénovation, mis le doigt sur deux «faux débats» qui ont pollué sa campagne (la relation des socialistes au marché et la place de l'individu dans la société) et même esquissé un début de mea culpa. «J'ai parfois improvisé», a-t-elle ainsi reconnu devant ses partisans qui n'en demandaient pas tant.
Apaisée sans doute, plus isolée aussi, la présidente de Poitou-Charentes qui se cherche un bureau à Paris sait que pour exister il lui faudra intervenir régulièrement. «Sur l'avenir plus que sur le passé», l'enjoint Jean-Louis Bianco. Là est le prochain défi de Ségolène Royal : tourner la page de la présidentielle sans refermer le livre pour autant.
