Ségolène Royal, dans un entretien donné au Journal du Dimanche reconnaît “des dysfonctionnements et des erreurs pendant la campagne présidentielle”. Immanquablement, voilà une phrase qui servira de titre (raccoleur) aux journalistes. Déjà, Le Monde et Reuters s'y sont engouffrés. C'est bien dommage.
Car là n'est pas l'essentiel pour le Parti Socialiste comme pour la Gauche. Il y a bien plus interessant, bien plus constructif, dans les déclarations de l'ancienne candidate : la conscience du travail de rénovation à faire au sein du parti, la volonté de rassemblement des socialistes.
Il ne faut pas faire de l'échec des présidentielles un épouvantail. L'aisance empreinte parfois d'arrongance avec laquelle certains ont critiqué le parti et démontré ses incohérences théoriques ou sa faillite institutionnelle ne doit pas masquer l'essentiel: le combat contre une droite libérale et conservatrice (sic) qui, en quelques semaines de pouvoir a réussi à multiplier les aides (re-sic) fiscales aux couches les plus aisées, augmenter les déremboursements de l'assurance maladie, revenir sur le droit de grève, vendre une centrale nucléaire à Kadhafi, etc.
Cette opposition peut constituer le socle commun d'une reconstruction réunissant l'ensemble des courants et chacune des personnalités souhaitant s'y associer. C'est tout naturellement que l'ancienne candidate jouera un rôle actif dans un esprit, pour reprendre ses propres mots, “moderniste, éclairé et rassembleur”. On ne peut que l'approuver lorsque, délaissant le passé pour reconstruire l'avenir, elle déclare : “Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Les comportements passés appartiennent au passé. Ressasser, c'est de l'énergie perdue”
Car, au delà de l'opposition à l'action de Nicolas Sarkozy, rôle incontournable, le Parti Socialiste doit consacrer toute son énergie à sa rénovation idéologique et à la reconstruction de son image. Il a vocation à redevenir ce laboratoire innovant capable de développer, avec cohérence, un ligne politique résolument progressiste. Il doit réapprendre à faire passer ses messages au sein de toutes les couches de la population. Il doit, enfin, réussir en 2012 ce qu'il n'a pas su faire en 2007. Il y a beaucoup de travail et il y en a pour tout le monde. Pour l'ancienne candidate, comme pour les autres.